Un salarié d’un groupe spécialisé dans des technologies à usage civil et militaire, est envoyé dans une filiale américaine, d’abord pour une mission temporaire de moins de 4 mois (septembre – décembre 2020) puis détaché par avenant à son contrat pour une durée de 2 ans (janvier 2021 – décembre 2022).
Son activité impliquant l’accès à des technologies soumises à la réglementation américaine EAR (Export Administration Regulations), il devait être titulaire d’une licence l’autorisant à accéder aux produits et informations protégés.
La licence accordée pendant la mission temporaire de 4 mois étant arrivée à terme, la société a formulé une nouvelle demande d’habilitation pour la période de détachement qui sera accordée en avril 2021.
A la suite d’une enquête interne, il est licencié pour faute grave. Il lui est reproché pour la période durant laquelle il n’était pas encore habilité :
À ces faits s’ajoutent :
Le salarié conteste son licenciement en invoquant principalement :
La cour d’appel confirme intégralement le jugement prud’homal et confirme le bien-fondé du licenciement pour faute grave.
Recevabilité de l’enquête interne confirmée
D’une part, la cour estime que l’enquête interne est recevable en rappelant qu’elle :
De même, l’absence d’assistance par un avocat lors de l’audition ne vicie pas la procédure.
Les juges estiment par ailleurs que les éléments exploités dans le cadre de l’enquête ne permettent pas de retenir une atteinte à la vie privée dès lors qu’ils :
Caractérisation de manquements graves justifiant la faute grave
D’autre part, elle retient l’ensemble des griefs établis, présentant un caractère répété et délibéré et incompatibles avec les fonctions à responsabilité du salarié :
Le salarié connaissait l’obligation d’obtenir une licence, avait été expressément informé de son absence d’habilitation mais a néanmoins recherché et reçu des informations protégées. Il avait en effet ordonné à des collaborateurs et des stagiaires de lui remettre du matériel et de lui transmettre des informations auxquels l’accès lui était interdit, plaçant les personnes concernées dans une position délicate car les rendant complices d’une infraction.
Cette pratique contrevient aux règles internes et est incompatible avec la nature hautement sensible des données.
Plusieurs milliers de consultations de sites personnels, dont une grande partie à caractère pornographique ainsi que des téléchargements de contenus inappropriés.
Ces faits rendent donc impossible le maintien du salarié dans l’entreprise, justifiant ainsi la faute grave.
Rejet des demandes indemnitaires accessoires
La cour rejette, par ailleurs, les demandes indemnitaires du salarié liées à :